CQD-SOS

Le capitaine partit puis revint 10 minutes après et ordonna à Phillips d'envoyer le "CQD" correspondant à un appel général à tous les navires et indiquant que le navire émetteur est en détresse et demande une assistance immédiate. Il régnait une ambiance décontractée, personne n'imaginait la gravité de la situation. Ils allèrent même jusqu'à plaisanter lorsque Jack répondit au commandant qu'il avait bien envoyé le "CQD", Bride fit une remarque qui a fait rire Phillips : "Envoie le SOS. C'est le nouveau signal et ça sera ta dernière chance de l'envoyer". Il changea son signal en SOS. Il devait penser être contacté par l'opérateur du Californian qui lui avait explosé les oreilles avec les signaux 1 heure plus tôt mais Cyril Evans était parti se coucher.
 
Avec le Frankfurt, il y eut un énorme malentendu. L'opérateur Zippel n'a pas entendu l'appel de détresse du Titanic à 00h15. Lorsqu'il contacta Phillips à 00h20, c'était pour discuter comme le faisait souvent les opérateurs entre eux. Pour Phillips il était clair que le Frankfurt était au courant de la situation. Quand Zippel contacta Phillips à 2h en lui demandant une nouvelle fois "Qu'est ce qui se passe ?", Phillips était furieux et l'a envoyé ballader. En fait, tous les navires avaient perdu le contact avec le Titanic depuis 1h35 et Zippel a voulu comprendre ce qui s'était passé. 
Le Mount Temple serait le premier navire à avoir répondu au CQD du Titanic à 00h30 mais Phillips ne l'a pas entendu. 
 
Les navires environnants :
- Californian : 30km
- Carpathia : 107 km
- Bisma : 130 km
- Frankfurt : 285 km
- Virginian : 315 km
- L' Olympic : 1000 km
 
 
Bride et Phillips ont arrêté de plaisanter quand ils ont constaté que le Titanic commençait à couler. Selon Bride "Nous pouvions observer une inclinaison distincte à l'avant"Peu après cette observation alarmante, Jack fut contacté par un 2ème navire de secours potentiel, Le Carpathia qui allait virer de bord et se diriger vers eux. Harold Cottam, l'opérateur aiderait le Titanic à recevoir des transmissions plus éloignées que Jack ne pouvait entendre à cause du bruit de la vapeur qui s'échappait des entonnoirs.
 
A Cap Race, Walter Gray se détendait chez lui lorsqu'un jeune opérateur est venu le mettre au courant de la situation. Il mit ses écouteurs pour entendre son ami envoyer les CQD et les SOS et a offert son aide pour laquelle Jack l'a remercié et lui a demandé de se tenir prêt. Il dira plus tard que "Phillips était un opérateur de premier ordre et un télégraphiste très très rapide mais il a ralenti sa vitesse de disons 30 mots par minute à 15 mots par minute pour s'assurer que tous les navires entendraient le signal et pourraient facilement le copier. Il n'a pas eu le moindre tremblement du début à la fin de ses transmissions. Pas une seule fois."
 
Jack Phillips et Harold Bride
 
Une partie du récit d'Harold Bride au New-York Times ( traduction de Benjamin Ducret )
 
Le pont était rempli d'hommes et de femmes se bousculant. Je suis revenu et j'ai entendu Phillips donnant les ordres directifs au Carpathia. Phillips m'a demandé de mettre des vetements. Jusqu'à cet instant, j'avais oublié que je n'étais pas habillé. Je suis allé dans ma cabine et me suis habillé. J'ai pris un pardessus pour Phillips étant donné qu'il faisait vraiment froid, je lui ai mis sur les épaules pendant qu'il travaillait. Chaque minute il m'envoyait vers le Capitaine avec de petits messages. Ils indiquaient seulement que le Carpathia arrivait à notre secours et lui donnait sa vitesse.
 
J'ai remarqué lors d'un de mes retours qu'ils embarquaient les femmes et les enfants dans les canots de sauvetage et que l'inclinaison de la proue était croissante. Phillips m'a dit que la puissance du signal radio faiblissait. Le capitaine est venu et nous a dit que nos salles des machines prenaient l'eau et qu'il se pourrait que les générateurs ne tiennent plus très longtemps. Nous avons prévenu le Carpathia. Je suis sorti et j'ai regardé autour de moi. L'eau était pratiquement au niveau du pont des embarcations.
 
Il y avait une bousculade terrible sur le pont arrière. Mais Phillips arriva à se frayer un chemin. Comment ce pauvre Phillips gérait tout celà, je n'en sais rien. C'était un homme courageux. Cette nuit là, je l'ai vraiment découvert. J'ai ressenti une immense admiration pour lui qu'il continuait son travail pendant que le chaos régnait tout autour. Jamais je n'oublierai la tâche accomplie par Phillips au cours de ces 15 dernières minutes.
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